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CARLOS
GARDEL: el
zorzal criollo (le merle argentin)
A dire vrai, le
mot
"zorzal" veut dire "grive", or comme je ne sais pas vraiment
si les "grives chantent", je connais seulement celles que
l'on
mange, j'ai remplacé l'image par le mot "merle".
El zorzal, le
merle,
c'est ainsi que l'on nomme encore le chanteur de tangos le plus
célèbre du
monde, Carlos Gardel, qui connut une destiné hors
normes. Comme beaucoup
d'émigrants qui partaient d'Europe, via
l'Amérique Latine, ce l'El Dorado des
temps modernes, surtout dans la deuxième moitié
du 19ème siècle,
Carlos Gardel arriva en Argentine avec sa mère, à
l'âge de 2 ans. Il venaient
de Toulouse, ville où le futur chanteur avait vu le jour le
11 décembre 1890.
Il se nommait Charles Romuald Gardes, né de
père inconnu et de Berthe Gardes (1865-1943).
En Argentine on "espagnolisa" son nom de famille, pour devenir Gardel.
Son
arrivée coïncida
avec la naissance de ce qui devint plus tard
"l'icône musicale de
l'Argentine", le tango. La musique, la chanson et la danse qui
représentaient les "arrabales", ou les
"suburbios",
la banlieue de Buenos Aires.
Carlos Gardel
commença
sa carrière en chantant dans les bars et les
fêtes, en 1913. Il formait un duo
avec José Razzano, cette association des deux
talents, se dissoudra en
1925. Leur répertoire était essentiellement
populaire (l'Argentine possède
une richesse musicale, autant de rythmes, que de chansons,
qui datent du
temps de la colonisation espagnole). Gardel composait ses propres
chansons et
fut l'inventeur du "Tango-Canción" (Le Tango-Chanson : on
n'avait pas
encore commencé à danser le vrai Tango). Son
premier succès se nomma "Mi
Noche Triste" (Ma Nuit Triste), en 1917, et il en vendit
100.000
exemplaires. Un succès populaire immédiat en
Amérique Latine.
Il
débuta une tournée
dans toute l'Argentine, qui le mena en Uruguay, parcourant ensuite le
Chili, le
Brésil, le Venezuela, la Colombie, Porto Rico, et
dans les villes
européennes de Barcelone et Paris, pour terminer en passant
par New York.
Durant ses trois mois de séjour à Paris, il
vendit 70.000 exemplaires de ses
disques, n'oublions pas que nous sommes en 1928, un record de ventes
à cette
époque- là
Durant sa courte
existence Gardel enregistra un total de 770 thèmes, dans
lesquels on compte 514
tangos.
Son
énorme popularité
comme interprète des ballades mélancoliques, qui
prirent le nom de tango, fut
confirmé dans les années 1920-1930, dans les
boites de nuit et dans ses films.
L'élite argentine surmonta son aversion pour le tango, danse
qui doit sa
naissance à ses humbles origines, dont la
sensualité montrée ouvertement par
le couple qui évolue sur la piste, fait grincer de dents les
dévots et ... les
faux pudiques.
Une fois que le
tango
fut consacré dans les salons de Paris et d'Espagne,
l'Argentine, qui se voulait
progressiste et ne reniait pas ses origines, à 80%
européennes, lui ouvrit
définitivement les bras. Ses interventions dans les radios
et les films,
ajoutèrent un plus à sa
célébrité.
Cette ascension
vertigineuse fut brutalement interrompue par sa mort
prématurée lors d'un
accident d'avion, dans la ville colombienne de Medellin, au cours d'une
de ses
tournées. Il est mort le 24 juin 1935.
La foule se pressa
pour
voir passer le cortège funèbre qui voyagea, en
partant de Medellin, via New York, Rio de Janeiro, Montevideo pour
arriver à l'endroit où il repose
encore: le cimetière de Chacaritas à Buenos
Aires, la foule entendit, tout au
long de ce parcours, son tango "Silencio".
Ce
phénomène de
popularité, propre de notre 20ème siècle
( rappelons aussi le
phénomène américain de l'acteur du
cinéma muet Rudolf Valentino), fit que
Gardel est immortel pour les argentins. Sa tombe est soigneusement
entretenue.
Tous les jours devant son statue, on allume une cigarette et on la lui
place dans une de ses mains,
quand ce n'est pas sur ses lèvres, et l'expression favorite
de ses toujours
innombrables fans est: "Carlitos chante chaque fois mieux, (ou) il
s'améliore de jour en jour".

Les
guitares de
Gardel et Razzano: à droite celle de Gardel (Collection du
Musée SADAIC)

Carlos
Gardel,
devant le portrait de sa mère Berthe, disparue en 1943.
En
Amérique Latine, il
lança une mode : "se coiffer comme Gardel", avec de la
gomina. Sentir
bon l'eau de cologne...(contrairement aux gauchos qui vivent dans la
pampa et
couchent près de leurs bétail) et avoir un regard
de velours lorsqu'on voit
une femme. Le beau galant de villes, le chanteur qui charme de sa voix
mélodieuse... les jolies femmes... et mène la
danse lui imposant son
caractère... et sa sensualité.
Adiós
Muchachos

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