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Qu’est-ce que le mot « Choro » ?
Dans le parler populaire chilien il existe des mots qui
ont été rajoutés au castillan courant apporté par les conquistadores. En général
ces mots-là sont d’origine indienne ou indigène. La langue chilienne s’est
donc enrichie davantage avec ces nouveaux apports. Parfois l’étranger qui
arrive au Chili et qui n’a appris que le « castillan correct »
enseigné à l’école, a beaucoup de mal à comprendre ces expressions
chiliennes qui, dites avec l’accent « très chilien » (le chilien
parle encore plus vite que l’espagnol de la péninsule ibérique), font que le
malheureux touriste se sent un peu perdu jusqu’à ce qu’il se fasse attraper
par l’accueil chaleureux du chilien. Alors, ce dernier prendra la peine de
parler moins vite et d’essayer d’expliquer les us et coutumes qui passent
par le langage employé.
Le mot « choro » provient du mot quechua
« ch’uru » qui veut dire « mollusque ».
Le Chili, pays beaucoup plus métissé que l’Argentine,
le Pérou ou la Bolivie, s’est arrangé pour mêler les mots indiens ou indigènes
dans son langage quotidien. Nous retrouvons ces mots autochtones notamment dans
le parler associé à la cuisine de certains plats, tels « las humitas »
(façon très indienne de préparer le maïs enveloppé dans sa propre feuille),
ou de certains légumes, « el repollo », « el zapallo »,
« el cochayuyo » etc. (le choux, le potiron, une algue comestible
originaire des côtes chiliennes, etc). Ou alors dans l’aspect physique :
« peñiniento » (peñin = crasse du corps, donc « crasseux »
ou « crado », le castillan dirait « sucio »), « huachaca »
(saoulard), le castillan dirait « borracho », « chascón »
(dépeigné, cheveux en bataille, le castillan dirait (despeinado), etc.

Le mot « choro » dans le chilien familier a
gardé son sens premier du mot indigène, et il nomme ainsi « la moule »,
le castillan dit (mejillón).
Mais le chilien ne s’est pas arrêté là. Il utilise ce
vocable pour exprimer les différentes facettes de sa personnalité. Il a inventé
de prime abord un verbe : « chorear », décliné sur le modèle
de « amar » (verbe de la première conjugaison régulière
castillane), puis ce verbe donna naissance à des qualificatifs qui représentent
des idées différentes, selon le nom qui les accompagne, et s’accordent en
genre et en nombre. Il existe donc, «ser
choro» (être sympa)« el hablar choro » (le parler gracieux),
« el roto choro » (l’homme du peuple débrouillard), ce dernier est le
prototype de l’homme du peuple urbain, qui se croit aussi plus fort que le
paysan, en utilisant un langage particulier et une attitude elle aussi,
particulière : « el andar choro » (façon de se déplacer,
gracieuse et assurée) « el sacar los choros del canasto » (en
traduction littérale veut dire « extraire les moules du panier »,
mais en réalité veut dire « chercher querelle, molester), « el
choreo » c’est le droit de protester, de se plaindre « estar
chorea(d)o, ou « andar chorea(d)o » c’est « en avoir assez ».
Donc, « la cueca chora » est par définition
la danse folklorique dansée avec grâce habilité et savoir faire (voir
l’article sur la cueca, dans « Folklore chilien »).
Diomenia Carvajal
Correction
de la langue française : Gérard Beaude.
