HECTOR PAVEZ
Hector Pavez fit partie d'un des premiers charters qui débarquèrent un certain nombre d'exilés politiques chiliens. C'était en 1974 qu'il débarqua à Paris, fuyant la dictature de Pinochet. Il laissait derrière lui des amis, vifs ou morts, tel l'inoubliable Victor Jara, torturé puis tué par les militaires dans l'Stade de Santiago.
Hector Pavez était une figure dans la chanson folklorique chilienne. Comme bon nombre de chanteurs de sa génération, il avait suivi les traces de la grande Violeta Parra, qui avait donné des années de sa vie à la recherche du folklore des campagnes chiliennes, afin de sauver ce trésor qui menaçait de disparaître à jamais.
Le chanteur musicien, auteur et interprète, s'éteignit à Paris un 14 juillet de l'année 1975. Il est parti le jour de la Fête Nationale en France, comme un dernier adieu au pays qui lui avait ouvert ses bras. Il avait 43 ans et il gît au Cimetière du Père Lachaise. El "indio", comme le nommaient ses amis, repose près de Paul Verlaine et d'Oscar Wilde. Son enterrement ne fit pas de bruit. Loin des "peñas folkloriques" de son pays natal, il fut enterré dans ce cimetière parisien, et ses quelques amis qui l'accompagnèrent jusqu'à la fin, chantèrent quelques unes de ses chansons autour de sa tombe, encore toute fraîche. C'était en plein Eté parisien, dans un Paris vide de français et rempli de touristes.
Vous lirez et écouterez à continuation l'une des ses interprétations du folklore typique. Ce n'est pas une "cueca", mais une "tonada", chanson faite simplement pour être écoutée, contrairement à "la cueca", qui doit être dansée.
A LA MAR FUI POR NARANJAS
(Je suis allé à la mer cueillir des oranges)
A la mar fui por naranjas
Cosa que la mar no tiene
Cosa que la mar no tiene
A la mar fui por naranjas
Cosa que la mar no tiene
Cosa que la mar no tiene
Metí la mano en el agua
Las esperanzas mantienen
Metí la mano en el agua
Las esperanzas mantienen
Deja correr la naranja
que ella buscará su centro
que ella buscará su centro
No la partas con cuchillo
que
mi corazón va adentro
No la partas con cuchillo
que mi corazón va adentro
Las flores de los naranjos
se reparten con el viento
se reparten con el viento.
Así me tiene tu amor
repartido el pensamiento
Así me tiene tu amor
repartido el pensamiento.
Petite traduc.
(Juste un à peu près)
Je suis allé à la mer
pour cueillir des oranges.
Des choses que la mer n'a pas
Choses que la mer n'a pas
J'ai plongé ma main dans l'eau
L'espoir fait vivre
Laisse courir l'orange
qu'elle saura trouver son chemin
Ne la coupe pas avec un couteau
car mon coeur est à l'intérieur.
Les fleurs des orangers
s'en volent avec le vent.
Ton amour fait pareil avec moi
il fait s'envoler mes pensées.
Regarder une vidéo de cueca et quelques autres danses chiliennes