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Première Communion Année des Jeux Floraux Age scolaire Vicuña Autobiographie
(Gabriela
Mistral se confie à une journaliste, dont la revue est citée à la fin du
texte) « Il
est absolument faux que mon père était de pure race blanche. Ma grand mère,
sa mère, avait un type européen très pur, mais son mari, mon grand père, était
de type plus métissé, il avait un faciès très indigène. Et ce n'est pas une
affirmation que j'ai inventée. Sur deux photographies à moitié effacées que
je possède de lui , sa physionomie est vraiment de type mongol. Tous les
Godoy de la vallée du Huasco, ont, sans le savoir le même type. Je dis, sans
le savoir, parce que le métis du Chili ne sait jamais qu'il est métis.
Tous ceux qui ont pu voir les photos de mon père et qui s’y connaissent en
types raciaux, ne doutent à aucun moment que mon père était un sang mêlé.
" Il fut aussi, quelque temps, directeur du collège catholique de
Santiago San Carlos Borromeo. Il dessinait très bien et il versifiait en vers
classiques, un peu romantiques, selon le goût de cette époque-là. Ma
soeur garde ses vers originaux. Tous
les habitants de (…)Doña
Adelaida Olivares dirigeait cette école primaire supérieure. C'était une
institutrice non voyante et qui fut ma marraine pour le renouvellement des voeux
du baptême. Elle était très pratiquante et dès le début il y eut
entre nous cette relation affectueuse qui doit exister entre une marraine et sa
filleule. Mais ma famille me changea de tuteur et me plaça dans une famille
Palacios qui était de religion anglicane, Il
y eut un événement tragi-comique. J’étais chargée de distribuer les
feuilles de papier vierge aux élèves de l'école. Le gouvernement, en ce
temps-là donnait gratis les fournitures scolaires. J'étais l'élève la plus
timide; je n'avais pas de caractère et les élèves s'en servaient autant
qu'elles le voulaient, alors la provision de papier fut épuisée au bout de
huit mois, peut-être avant. Quand la directrice demanda à la classe la raison
de ce manque de papier, mes condisciples dirent que c’était moi la fautive,
car elles n'avaient eu que ce à quoi elles avaient droit. La directrice,
conseillée par l'une de ses soeurs qui travaillait à la même école, lui
conseilla d'aller fouiller chez-moi. Elle ne se fit pas prier, elle arriva
chez-moi et y trouva l’objet du délit, c'est à dire, elle trouva dans ma
chambre quantité de feuilles de papier, en plus d'autres fournitures fournies
par l'État. Il aurait suffi simplement de réaliser que l'une de mes soeur était
aussi institutrice et pouvait me fournir le papier que je voulais. Et plus
encore, l'inspecteur régional de l'Éducation primaire, dans la vallée de l'Elqui,
m'aimait avec une tendresse de grand-père (il se nommait don Mariano Araya), et
tous les dimanches je passais saluer sa famille, il m'ouvrait son cagibi de
fournitures et me donnait en plus des rames de papier, des ardoises, etc. Je
n'ai pas su me défendre. Les cris des élèves et l'accusation, horrible à mon
encontre, de la part de ma maîtresse marraine, me démolirent et je perdis tout
raisonnement. Quand doña Adelaida revint avec ses trophées "volés"
elle en fit une leçon de morale que j'entendais à moitié morte. Le scandale
avait duré toute l'après-midi. Elles suspendirent les cours et tout le monde
s'en alla sans faire attention à la sorte de baluchon formé par une fillette
assise à sa place et qui n'arrivait pas à se redresser. L'employée chargée
de nettoyer la salle, et qui habitait à l'école, me trouva avec les jambes
raidies. Elle m'emmena dans sa chambre, elle me massa le corps et me donna une
boisson chaude jusqu'à ce que récupère la parole. Mais il manquait la suite:
mes camarades qui prenaient la même rue que moi, m'attendaient: et quoique il
était déjà tard et commençait à faire nuit sur J'ai
dit que le fait de mon expulsion de l'école, eut beaucoup de conséquences pour
moi. Lorsque je suis rentrée à l'école Normale, dans l'annexe de Pendant
plusieurs années - je ne me rappelle pas les dates avec précision - ma mère
et ma soeur ont essayé de faire de moi une bonne maîtresse de maison. J'étais
si timide, et parlais si peu que je ne les ai jamais contestées durant mon
enfance. Mais ma rébellion se manifesta en décidant que je n'apprendrai pas à
laver du linge, ni faire la cuisine, et je crois que je n'aidais même pas à
mettre de l'ordre dans ma chambre. Ce fut la rébellion la plus vigoureuse que j'aie jamais eue. Je savais que si j'obéissais je devenais une auxiliaire de
maîtresse de maison, choses pour lesquelles ma mère et ma soeur suffisaient,
alors je serais perdue. Mais se serait bête de penser que je croyais en moi, la
maîtresse marraine m'avait convaincue que j'étais une enfant bête. Ma rébellion
était quelque chose de confus, mais c'était une rébellion sans répondre,
sans ronchonner, je ne parlais pas, simplement je n'obéissais pas. Ma
soeur était mariée avec un homme qui possédait quelques biens, et ma mère et
moi avons vécu quelque temps avec eux.
Mon beau-frère tomba malade, une longue maladie et il eut un procès avec un de
ses fils, et il perdit tout. Alors ma mère sut que je devais travailler et c'est
elle qui décida que je devais exercer la profession de mon père et de ma
soeur, celle de quelques tantes bonnes soeurs et de presque tous nos amis. Je
tremblais quand, à 14 ans, elle et son amie doña Antonia Molina, m'amenèrent
devant un inspecteur des écoles et lui demandèrent de me placer comme maîtresse
auxiliaire dans une école de campagne. Je n'avais que 14 ans, on m'envoya dans une petite
école, nommée "Compañía Baja", où la présence de la mer me
donnait des instants de bonheur, ainsi que l'olivier à côté de ma maison, il
était le plus grand que j'aie jamais vu au Chili. Mon Chef me prit en grippe
à cause de mon caractère renfermé, et mon silence que rien ne pouvait briser,
j'étais malheureuse comme il arrive lorsque la maîtresse est déjà âgée et
l'auxiliaire est une jeune fille. Elle
ne se plaignait pas de ce dont elle aurait du se plaindre: de mon ignorance, parce
que en ces temps-là on demandait très peu de choses à une auxiliaire d'école
de campagne, et parce que en plus ma leçon était ce qui figurait sur le
manuel. Depuis cette école, je fis un vrai saut mortel, à cause des bons
offices de l'avocat, don Juan Guillermo Zabala (les basques font leur apparition
dans ma vie). On m'envoya comme secrétaire et inspectrice au Lycée de
jeunes filles de Celle
qui dirigeait le lycée était une allemande incroyable, dont la cruauté ne me
fit jamais pleurer, je voulais voir qui était-elle. C'était une forte femme à
côté de laquelle les professeurs natifs étaient des pauvres (hères?:
illisible), à l'exception des (illisible). Cette dame dirigeait le collège
selon les normes allemandes que tous les chiliens appréciaient en ces temps-là.
Son lycée était moitié caserne et moitié atelier, et dans cette deuxième définition,
je donne plutôt une définition gentille. Le personnel lui obéissait avec un
respect qui dépassait le rationnel et devenait de la mythologie. Les pauvres
femmes en tremblaient, et ce n'est pas une métaphore, nos vies dépendaient de
ses gestes, de son regard et ses cris. Mais elle était, malgré son grand déséquilibre,
une femme supérieure. Elle me dit quatre choses parmi ses offenses, et je ne
les ai jamais oubliées, car elles concernaient mon caractère, spécialement
mes défauts et mes limites blessants. Pour elle je n'étais qu'une espèce
de servante, entretenue et très marginale dans sa vie. Mais un jour elle
m'appela dans sa chambre, parce qu'elle était malade, et comme je m'étonnais
que cette curieuse femme, moitié protestante, moitié païenne, eut placé à
la tête de son lit une vierge de Murillo, elle me dit sans sourire.
" Je
suis, contrairement à vous, quelqu'un qui ne croit en rien, mais je vis dans
une ville de dévots et il m'arrive d'aller à l'église et j'ai cette vierge
par condescendance envers cette ville. Bien que les chiliens soient des gens de
race inférieure, je suis avant tout une employée de l'État du Chili. Par
contre vous croyez à tout, vous y croyez trop et vous avez une apparente incrédulité
envers vos concitoyens,et ceci vous fera beaucoup de mal". Une autre fois elle
m'appela dans son salon et je suis restée bête en regardant les grands
tableaux, qui étaient des gravures représentant Goethe et Schiller. Elle m'a
dit à peu près ceci: « il n'existe que deux sortes d'écrivains, ceux du
type de Goethe sont sensés et ils arrivent à occuper des grandes charges, ceux
à moitié fous ressemblent à Schiller, sans arriver jamais à avoir sa
valeur et comme ils n'arrivent pas, ils n'arriveront jamais à rien".
Une autre fois - je crois que c'est la seule fois dans l'année que je
passais à ses côtés - elle m'appela pour me dire une chose agréable.
"Elles sont bien les paroles que vous avez mises dans la musique que j'ai
donnée pour le collège. Vous servez à très peu de choses, peut-être à une
seule chose, mais votre manque de chance fait que ce pour quoi vous servez est
quelque chose qui n'intéresse personne."
Encore
une fois, quand elle me demanda de signer ma démission et elle avait craint que
je ne la signe pas, elle me dit:"Il y a des gens qui sont nés pour
commander et je suis de celles-là, il est inutile de lutter contre moi et
contre ceux de ma race, nous sommes nés pour cela, commander, et les autres
doivent seulement obéir".Vous faites relation à une note officielle
qu'elle a écrite où elle déclare que je suis bête. Je ne connais pas cette
note-là. Il est probable qu'elle existe quelque part, bien que cette femme ne
faisait rien gratuitement, et il était de trop de m'accuser de bêtise, puisque
j'avais signé ma démission. Elle
me laissa sans travail sans aucun scrupule, car elle méconnaissait ce mot-là.
Mais Dieu a toujours eu pitié de moi. Il m'assista de façon merveilleuse, ce
qui me fait avoir honte des quelques vers que j'ai écrits où je parle de son
abandon. Quelques jours après les faits que je vous raconte, je retrouve dans
le train le gouverneur de Coquimbo., Il s'agissait du vieux poète González y
González, et quand nous sommes passés devant Il
n'est pas exact de dire que ma mère vécut là-bas, avec moi, tous les jours;
il n'y avait pas de viande, il n'y avait pas de pain tous les jours dans le
village et ma mère était de nature fragile. Elle resta un peu avec moi, après
elle partit chez ma soeur. Des trois villages où j'ai vécu, J'ai
appris à lire à un vieillard analphabète, il jouait très bien de la guitare
et il venait tous les soirs me faire la fête avec les autres. Il m'est arrivé
d'embrasser la figure et le cou d'un enfant orphelin qui était sourd, les
autres enfants se sentirent offensés
et s'éloignèrent pour se laver, parce qu'il y en avait deux ou trois qui se
parfumaient à l'eau de roses.
Je faisais le cours dans la salle à manger, autour d'une table. J'avais dix
huit ou dix neuf ans. Je n'ai jamais surpris un geste d'indélicatesse ou d'
impudeur. Je n'ai jamais entendu une blague crasse, ce qui est rare chez un
peuple si "piquant" comme le nôtre. Le beau critère scolaire allait
supprimer l'école à cause du manque d'élèves de jour, sans prendre en
considération cette école nocturne qui pour moi, était si encourageante.
Alors je suis partie à Cerrillos, situé dans le département de Ovalle. Mes
biographes n'ont jamais noté ce nom-là. Là oui, j'ai été seule, j'ai connu
les solitudes et ma mère qui était si fragile n'a pas pu aller vivre avec moi.
Malgré les langues de serpent, ma mère n'a pu vivre avec moi pendant toutes
ces années de travail scolaire parce que son corps ne résistait qu'au climat
de Lorsque
j'ai pris ma retraite, je suis allée tout de suite à Je
raconte ceci, en réponse à la mauvaise rumeur de certains pontes pédagogues
qui disent que j'ai été une mauvaise fille, car je n'ai pas vécu auprès des
miens. Revenons
en arrière, quand je fus chassée du Lycée de Elle
raconta à doña Fidelia Valdés, que lors du conseil de professeurs de l'Ecole
Normale à Cette
perte ne me fait pas mal aujourd'hui ; mais tous les maîtres et maîtresses d'écoles
qui me refuseraient le sel et l'eau pour les vingt ans de mon travail pédagogique
au Chili, et ceux que j'ai aussi en compte ailleurs, connaissent très bien mes
difficultés d'avoir vécu une carrière de pédagogue sans ces diplômes, sans
l'affiche et la rubrique où figurer. Les raisons que l'on raconte au
sujet de mon départ du lycée, ce n'est que l'une des causes, et une des
moindres[2]. L'incident
des inscriptions est très exagéré. Je n'ai reçu que très peu des jeunes
filles très pauvres, car elles étaient vraiment très peu nombreuses celles
qui osaient arriver jusqu'au lycée, fait entretenu par la classe riche. J'ai pu
inscrire celles-ci grâce à un stratagème: la directrice m'avait ordonné
d'accepter seulement celles qui présenteraient une lettre de recommandation des
membres de La
semaine précédant ma démission, la directrice qui craignait tant que je me
suicide, mettant elle même la signature dans mon certificat de démission,
ordonna au personnel de ne pas m'adresser la parole. Nous ne nous réunissions
qu'aux heures des repas et à l'exception de doña Fidelia Valdés, mes collègues
obéirent, à un tel point que lorsque je leur adressais la parole entre les
plats, elles ne me répondaient pas. Dans ces années-là, au Chili, les étrangers
écrasaient les nationaux, et ils occupaient beaucoup des charges publiques, il
en résultait une servilité triste. Chère
M. Rosa, je vous dis avec la franchisse rude dont je parle à ceux qui me sont
proches, que j'ai beaucoup de mal à commenter ma propre vie amoureuse. Malgré
la publicité crue et pas peu répugnante qu’ont répandu les biographes au
sujet des écrivains, je ne comprendrai jamais, ni n'accepterai que nous ne
pouvions pas garder nos secrets d'amour, comme n'importe quel être humain,
secrets que nous n'avons pas dit pour des raisons de pudeur qui comptent aussi
bien pour les hommes que pour les femmes. Mais on a dit tellement de
mensonges à ce sujet que cette fois-ci je dois parler, pas pour moi, mais pour
défendre l'honneur d'un homme mort. Romelio
Ureta ne ressemblait en rien à un bandit, ni encore moins à un homme menant
une vie dissipée lorsque je l'ai connu. Nous sous sommes retrouvés dans le
village El Molle quand je n'avais que quatorze ans et lui dix huit. Ce n'était
pas un jeune homme optimiste, ni léger et encore moins un jeune aimant faire la
fête. Il avait de la gravité et savait se comporter correctement. Il avait de
l'honneur, et parce qu'il avait de l'honneur, il se tua. Nous nous sommes promis
l'un à l'autre, à cet âge-là. Il ne pouvait pas se marier avec
moi, il n'avait qu'un tout petit salaire et s'en alla travailler dans une mine,
je ne me rappelle plus à quel endroit. Il revint après une longue absence et
me demanda des explications à cause des rumeurs bêtes qu'il avait entendues,
et qui concernaient mon comportement, soit disant "léger". Je
ne vivais que pour lui depuis qu'il était parti, je ne me suis pas défendue,
d'abord à cause de ma timidité, la même qui m'avait laissée sans mots lors
de l'histoire dans l'école de Vicuña, et aussi je crois à cause de cette
dignité que je porte en moi et que d'aucuns ont surnommé, plusieurs fois,
"orgueil. Cette plainte me parut si injuste que je pensais alors, et je
continue de le penser aujourd'hui, que je ne devais pas répondre et encore
moins me justifier. Ce fut le motif de notre rupture. Et tout ce feuilleton bête
tissé autour de ce point, ce ne sont que des racontars de charlatans. Cet
homme continua sa vie et il était naturel qu'il la vive comme presque tous les
hommes chiliens, qui ne sont pas un modèle de tempérance. Il allait se marier
et menait en même temps une conduite légère qu’il n'avait jamais eue
auparavant. Il s'amusait beaucoup et il paraît que sa fiancée n'arrivait pas
à le retenir. Cinq
ans après notre séparation je l'ai retrouvé par hasard à Coquimbo;
nous avons parlé beaucoup; il démentit la nouvelle comme quoi il devait se
marier et nous nous sommes quittés réconciliés, presque sans mot dire, aussi
amis qu'auparavant et avec l'impression d'avoir renoué un lien définitif. Que
des gens l'ont dénigré en parlant d'un vol commun et même d'une
escroquerie!
mais ils n'ont pas dit que son frère, qui était comme un père pour lui, car
il l'avait élevé, parce qu' ils étaient orphelins, était en ce temps-là le
chef des chemins de fer dans sa zone et n'importe qui aurait pu penser que
Romelio Ureta avait pris cet argent en pensant le restituer dès le retour de
son frère, qui s'était absenté pendant quelques jours. Son frère était
quelqu'un qui avait une bonne situation et il l'aimait beaucoup. Je ne crois pas
que quelqu'un veuille ruiner sa carrière pour la misérable somme d'argent
qu'il avait emprunté lors d'un encaissement fiscal. Il paraît qu'il eut une
visite non annoncée, des comptables d'État qui sont passés faire un audit des
encaissements: son frère se trouvait à Ovalle, et ils ne purent pas
communiquer. Romelio Ureta était un homme si pudique et loyal qu'il préféra
se donner la mort avant de subir la honte publique. Maintenant, et avec les
habitudes actuelles des fonctionnaires, personne ne comprend ça, car la probité
est plus inexistante que les monnaies d' or. Moi, je le comprends, car je l'ai
connu et j'ai aussi connu le Chili d'avant, le vieux Chili. Je donne tous ces détails
car je me sens révoltée que l'on veuille manipuler les os d'un mort, avec un
tel manque d'intelligence et de tact, et ce qui me révolte le plus est que l'on
veuille remuer une sépulture rien que pour vendre des petits journaux imprimés,
sur moi, ce qui n'est pas votre cas, et toucher de l'argent pour ça, et servir
en pâture du scandale attendu par le public. On a fait de lui un homme tout à fait différent et faux, avec
la prétention de se montrer solidaire envers moi et de me défendre. Je n'ai
pas été sa victime en aucune façon. Nous sommes tous d'une façon ou d'une
autre des victimes de notre propre tempérament, et je suis née, comme
certains, avec une capacité exacerbée pour la souffrance, et peut-être, même
si aucune tragédie n'était venue assombrir ma vie, j'aurais souffert tout de même,
selon l'exemple de Leopardi ou d'autres. D'ailleurs il me répugne que l'on
fasse du cinéma avec des gens encore en vie. Après ma mort, les romanciers
pourront se faire plaisir,
autant qu'ils voudront, mais puisque je suis encore vivante, j'ai le droit de
laver un nom qui m'a été cher. Je me suis tue longtemps à ce sujet car je
suis riche en silences. Mais ma patience s'est usée petit à petit et
cette fois-ci je veux parler, car il s'agit d'une chronique écrite par une
femme et elle doit être propre et non pas entachée d'une erreur si grave comme
celle de parler d'un homme, mais d'en parler d'une façon qui ressemble à
de la diffamation. Je suis sûre que vous serez heureuse de voir que votre amie
fait attention à ce que votre travail soit un travail honnête ». Source: Revista Mapocho, N° 43, 1988 (Contenu dans le CD distribué dans l’enceinte du Musée érigé en mémoire de Gabriela Mistral à Monte Grande) Traduit
par Diomenia Carvajal Corrections
de la traduction française : Gérard Beaude. [1] A l’époque pour avoir accès à une école d’Enseignement Supérieur au Chili, il fallait avoir un « répondant » de votre intégrité morale et financière, ainsi que de ne pas être une pure « indigène ». [2] Comme Gabriela le raconte, dans ce lycée on n’inscrivait que les jeunes filles de « bonne famille ». |
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