Traduction de la remise du Prix Nobel à Gabriela Mistral, le 10 décembre 1945, de mains du roi Gustave de Suède.

A la mi novembre 1945,  on lui fait savoir qu'elle est nominée pour Le Prix Nobel de Littérature. Et le 10 décembre, sur les restes encore fumants d'une Europe dévastée, elle reçoit des mains du Roi Gustave de Suède, la précieuse récompense, un diplôme et une médaille d'or.
"Madame Gabriela Mistral , vous avez fait un voyage trop long pour écouter un discours aussi court. En l'espace de quelques minutes seulement, j'ai raconté aux compatriotes de Selma Lagërlof,  tel un conte, votre extraordinaire pèlerinage pour arriver d'une chair d'enseignante jusqu'au trône de la poésie.
Nous nous adressons à vous aujourd'hui pour rendre hommage à la riche littérature hispano-américaine, et à sa reine en spécial, à la poète de "Désolation" qui est devenue la voix qui chante la Miséricorde et la Maternité.
Je vous prie, Madame, d'accepter de recevoir des mains de sa Royale Majesté, le Prix Nobel de Littérature que l'Académie Suédoise, vous a octroyé." Halmar Jülden.
Gabriela Mistral, dans son discours, exprime, parmi d'autres concepts, : " Par un hasard qui me dépasse, je me trouve en ce moment être la voix directe des poètes de ma race et la voix indirecte des très nobles langues espagnole et portugaise. Toutes deux se réjouissent d'avoir été invitées à cette grande réception de la vie nordique, assistée par son folklore et sa poésie millénaires."
"Désolation", "Tendresse", "Tala", "Lagar", "Motifs de San Francisco", "Poème du Chili" et beaucoup d'oeuvres en prose, ont été léguées par notre poète. Des oeuvres qui avec le temps ont reçu la reconnaissance des personnalités de la poésie et de la politique. Sa personnalité forte et austère n'éluda jamais ses compromis ni ses voyages pour représenter le Chili.


Bahía Natales (Patagonia)





   PAIS DE LA AUSENCIA    

A Ribeiro Couto


País de la ausencia
extraño país,
más ligero que ángel
y seña sutil,
color de alga muerta,
color de neblí,
con edad de siempre,
sin edad feliz.

No echa granada,
no cría jazmín,
y no tiene cielos
ni mares de añil.
Nombre suyo, nombre,
nunca se lo oí,
y en país sin nombre
me voy a morir.

Ni puente ni barca
me trajo hasta aquí,
no me lo contaron
por isla o país.
Yo no lo buscaba
ni lo descubrí.

Parece una fábula
que yo me aprendí,
sueño de tomar
y de desasir.
Y es mi patria donde
vivir y morir.

Me nació de cosas
que no son país;
de patrias y patrias
que tuve y perdí;
de las criaturas
que yo vi morir;
de lo que era mío
y se fue de mí.

Perdí cordilleras
en donde dormí;
perdí huertos de oro
dulces de vivir;
perdí yo las islas
de caña y añil,
y las sombras de ellos
me las vi ceñir
y juntas y amantes
hacerse país.

Guedejas de nieblas
sin dorso y cerviz,
alientos dormidos
me los vi seguir,
y en años errantes
volverse país,
y en país sin nombre
me voy a morir.

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